2/25/2020 - Posted in  Pharmaceutical Affairs

The pharmacy has been sentenced to grow or die

Our expert's opinion

"The amount of pharmacy is decreasing every year. Most of them go into bankruptcy or face increased management costs while their incomes remain stable. Note the emergence of new players such as Medi-Market, the parapharmacy supermarket chain.

Is there still a future in the profession of pharmacist?"

- Nora Jamai, Associate Consultant

L'officine pharmaceutique est condamnée à grandir ou à mourir

La petite pharmacie du quartier ou du village serait-elle en fin de vie? Nombre d’acteurs de terrain sont en tout cas convaincus que le moratoire sur l’ouverture de nouvelles officines, qui vient d’être prolongé pour cinq ans, devrait laisser la place, en 2024, à une libéralisation des ouvertures. Qui risque d’attirer de gros acteurs étrangers enclins à privilégier les zones urbaines.

Cette analyse peu optimiste s’appuie sur une évolution qui va déjà dans le sens d’une baisse du nombre de petites pharmacies. Rien d’étonnant en soi, quand on sait que la Belgique se distingue de ses voisins par le maillage serré de son réseau d’officines, le plus dense d’Europe après l’Espagne.

"Je ne conseillerais jamais à un jeune pharmacien désireux de se lancer de reprendre une officine qui fait trop peu de chiffre d’affaires, lance Charles Ronlez, pharmacien à Ghislenghien et ancien président de l’Association Pharmaceutique Belge (APB). Une officine qui fait 400.000 euros de chiffre d’affaires n’est plus viable. Un pharmacien seul, prêt à travailler 70 heures par semaine, peut s’en sortir avec des revenus de 600.000 ou 700.000 euros."

Élagage

Cela fait quelques années que le nombre d’officines est en recul. On en dénombre aujourd’hui 4.815. Elles étaient encore plus de 5.200 au début du siècle et sont passées sous le cap symbolique des 5.000 en 2013.

Cet élagage tend à s’accélérer. Selon l’APB, une cinquantaine d’officines mettent en effet chaque année la clé sous la porte.

Ce sont les plus petites qui trinquent. Nombre d’entre elles tombent en faillite, victimes de l’augmentation des coûts de gestion alors que leurs revenus restent stables. En cause, essentiellement, la loi sur les prix des médicaments, qui contraint les officines à travailler avec une enveloppe fermée. Sans parler de l’émergence de nouveaux acteurs tels que Medi-Market, la chaîne de supermarchés de la parapharmacie.

L’enveloppe de l’Inami pour les médicaments remboursés est de 4,1 milliards d’euros par an. Les pharmaciens en officine, qui réalisent les deux tiers de leur chiffre d’affaires avec les médicaments prescrits, en perçoivent 580 millions, soit quelque 15%. Un chiffre stable, qui, avec l’inflation, se traduit pour les pharmaciens par une perte de revenus que l’APB évalue à 13% depuis 2010.

"Environ 65% de l’enveloppe Inami va à l’industrie pharmaceutique. Et si les officines représentent plus de 15.000 emplois, les pharmaciens sont pieds et poings liés au territoire alors qu’une société pharmaceutique peut facilement être relocalisée ailleurs. Sa capacité de négociation avec les autorités en est dès lors facilitée."

Jean-Paul Knaepen, administrateur délégué de la coopérative EPC Familia

La taille, un enjeu majeur

Deuxième pharmacien du pays derrière l’incontournable Multipharma, la coopérative de la galaxie socialiste dont les 272 officines rapportent 454 millions d’euros de chiffre d’affaires, EPC Familia, le groupe proche des Mutualités chrétiennes qui fête son centenaire cette année (voir l’encadré ci-contre), est très exemplatif de l’évolution du secteur. Où la taille est devenue un enjeu majeur.

EPC Familia pèse 134,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour un bénéfice opérationnel de 3,1 millions. Pour préserver sa santé financière, il rachète des officines plus grandes et revend les plus petites.

"Notre objectif est de racheter au moins 5 pharmacies par an, au lieu d’une ou deux. L’idée n’est pas d’étendre notre réseau de pharmacies, mais de nous appuyer sur des officines plus grandes et de revendre celles qui n’ont pas la taille critique. Nous voulons porter le chiffre d’affaires moyen de chacune de nos pharmacies de 1,4 à 1,7 million d’euros."

Jean-Paul Knaepen, administrateur délégué de la coopérative EPC Familia

Conseiller de première ligne

Les groupes, même de taille moyenne, s’en sortent. Et même plutôt bien dans certains cas. En témoignent les Pharmacies Servais, dont les 17 officines gérées par 80 pharmacien.ne.s rapportent un chiffre d’affaires annuel de 34 millions d’euros. Sa plus grosse pharmacie, celle de Mont-Saint-Pont à Braine-l’Alleud où travaillent 23 personnes, draine jusqu’à 650 clients par jour le week-end. De quoi en faire une des plus grosses officines du pays, avec ses 6,3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La fondatrice de l’entreprise, Emmanuelle Servais, reste d’ailleurs optimiste. Pour elle, le métier de pharmacien a encore un avenir. "Le pharmacien est un conseiller santé de première ligne accessible, formé et empathique. Il permet aussi de pallier dans certains cas la moindre disponibilité des médecins généralistes. Je ne crois pas qu’internet puisse offrir ce genre de services", souligne-t-elle.

La concurrence d’un Medi-Market, installé à proximité de plusieurs de ses officines, ne lui fait pas peur. "Nous avons dû réagir en adaptant à la baisse certains prix en parapharmacie. Mais paradoxalement, certaines de nos pharmacies continuent d’accroître leur chiffre d’affaires. Nous perdons des recettes en parapharmacie, mais les clients reviennent chez nous pour la pharmacie pure." Pour le pharmacien, l’avenir est au conseil.

Source: lecho

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